"Revolver" parait le 5 aout 1966; huit mois aprés "Rubber Soul", qui avait déja bousculé le paysage musical des sixties.
"Revolver" repousse encore plus loin les limites que son prédécesseur, créant de nouvelles sonorités, s'aventurant par moments dans des espaces encore inexplorés. La pochette, montage signé Klaus Voorman, donne le ton aussi bien que "Taxman" qui ouvre le disque avec ses guitares acérées et son béat carré. Aprés la mélancolie et les rêves acidulés de "Eleonor Rigby" et "I'm Only Spleeping", George Harisson initie l'Occident au monde des instruments indiens et de la méditation transcendantale avec "Love You Too". "She Said She Said" raconte un trip au LSD que John Lennon a partagé avec les Byrds et l'acteur Peter Fonda. "Dr Robert" décrit les activités d'un médecin qui bourre ses patients célèbres d'amphétamines et "Yellow Submarine" les visions colorées de Ringo Starr. Aux ballades sucrées amères comme "Here, There And Everywhere" ou "And Your Bird Can Sing" succéde le rythm'n'blues cuivré de "Got To Get You Into My Life". Mais le morceau le plus novateur est sans conteste "Tomorrow Never Knows", qui clôt le cycle. Profitant de l'apparition de nouvelles technologies, les Beatles laissent libre cours à leur soif d'expérimentation.
Percussions répétitives, guitares et voix distordues, écho et inversion des bandes tout en conservant le sens de la mélodie, en trois minutes exactement, ils plongent la puritaine Angleterre dans la folie psychédélique.
1 Taxman
2 Eleanor Rigby
3 I'm Only Sleeping
4 Love You To
5 Here, There and Everywhere
6 Yellow Submarine
7 She Said She Said
8 Good Day Sunshine
9 And Your Bird Can Sing
10 For No One
11 Doctor Robert
12 I Want To Tell You
13 Got To Get You into My Life
14 Tomorrow Never Knows